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Violence familiale durant d'événements stressants
Femme parlant au téléphone près d’une fenêtre

Violence familiale durant d'événements stressants

12 mai 2021

En cette période où un grand nombre de Canadiens sont forcés de rester à la maison à cause de la pandémie du coronavirus, de nombreuses sources font état d’une augmentation des cas de violence familiale. Si vous lisez cet article parce que vous vous faites du souci pour votre sécurité, sachez que vous n’êtes pas seul et qu’il y a des ressources qui peuvent vous aider.

Si vous êtes victime de violence familiale, ce n’est pas votre faute. L’isolement imposé, comme le confinement visant à prévenir la propagation de la COVID-19, augmente le risque que des gens se retrouvent piégés dans des situations de violence. Toutefois, si certains cas s’inscrivent dans un schème de comportements contrôlants et coercitifs de longue date, d’autres personnes peuvent, pour la première fois, subir de mauvais traitements de la part de leur partenaire, d’un membre de la famille ou d’une autre personne avec qui elles partagent un logement. La pression de devoir rester chez soi n’excuse pas le comportement d’un abuseur.

Si vous ne vous sentez pas en sécurité chez vous et que vous avez besoin d’une aide immédiate, appelez le 9-1-1 ou votre service de police local. Selon la province ou la région où vous habitez, plusieurs lignes d’écoute téléphonique peuvent vous également offrir du soutien.

Il y a aussi des services qui peuvent vous aider même si votre sécurité n’est pas menacée dans l’immédiat. De nombreux organismes d’aide aux victimes de violence familiale offrent bien plus qu’un refuge. Il peut être utile de parler de votre situation avec un intervenant et de découvrir quelles formes d’aide et de soutien sont disponibles.

Si vous voulez quitter une relation de violence pendant la pandémie, envisagez de suivre ces étapes.

Mesures à prendre si vous voulez quitter la maison

Même si le gouvernement veut que chacun reste chez soi pendant la pandémie, sachez que cela ne s’applique pas aux personnes qui tentent de quitter une relation dangereuse. L’objectif du confinement est d’assurer la sécurité des gens; si vous n’êtes pas en sécurité chez vous, il serait bon de chercher un refuge sécuritaire ailleurs.

Si vous risquez de devoir quitter votre domicile pour vous protéger durant le confinement, il est important de préparer un plan. Assurez-vous de réfléchir aux aspects suivants.

Préparez un petit sac avec tous vos biens de première nécessité. Ce sac devrait comprendre vos pièces d’identité et autres documents importants (certificats de naissance, passeports, bail ou documents liés à la propriété, certificat de mariage, documents de divorce), vos cartes d’assurance maladie, vos numéros d’assurance sociale, de l’argent en espèces, une liste de numéros de téléphone importants, une liste des numéros de comptes bancaires que vous partagez, un jeu de clés supplémentaire de la maison et de la voiture, vos médicaments, des articles de toilette, des vêtements pour quelques jours, quelques jouets affectionnés par vos enfants et toute preuve de violence. Si vous couriez des risques en gardant ce sac à la maison ou dans votre voiture, demandez à un(e) ami(e) de le mettre en lieu sûr chez lui(elle) afin que vous puissiez passer le chercher ou lui demander de vous l’apporter au besoin.

Prévoyez où vous logerez avant de partir. Vous pouvez trouver un refuge en effectuant une recherche en ligne par ville ou par province (assurez-vous d’effacer votre historique de recherche si vous craignez que votre partenaire utilise cet ordinateur). Informez-vous d’avance sur le processus d’admission des refuges dans votre région. Certains exigent que les gens leur remettent leur téléphone cellulaire au moment de l’admission; cette mesure est prise en raison des applications de suivi et des logiciels d’espionnage que les abuseurs installent sur les téléphones de leurs victimes. Si une amie ou un autre proche peut vous accueillir et est prêt(e) à le faire, c’est toujours une option malgré les restrictions liées à la pandémie.

Mesures à prendre si vous voulez rester chez vous

Si vous avez affaire à la violence familiale, appelez votre programme d'assistance pour parler à un conseiller attentionné qui peut vous aider pendant cette période.

Si vous voulez rester chez vous, voici des mesures que vous pouvez prendre pour assurer votre bien-être.

Renforcez votre réseau de soutien personnel. Restez en contact avec les membres de votre famille et vos amis qui vous offrent du soutien. Décidez d’une phrase-code ou d’un message texte que vous pourrez utiliser au cas où vous auriez besoin qu’on appelle les services d’urgence parce que vous ne vous sentez pas en sécurité de le faire alors que votre abuseur est à la maison.

Tenez un journal si cela n’entraîne pas de risques. Vous pourrez ainsi extérioriser vos émotions et disposerez d’une preuve essentielle des mauvais traitements que vous subissez si vous voulez obtenir une protection juridique à l’avenir.

Songez à tirer profit d’un service de counseling. Les lignes d’écoute pour les victimes de violence familiale et de nombreux autres services sont toujours disponibles en temps de pandémie. Vous pouvez également contacter votre programme d’aide aux employés pour parler à un conseiller bienveillant.

Même si vous souhaitez rester, il vaut la peine de dresser un plan de départ au cas où la violence s’aggraverait et que vous ne vous sentiriez plus en sécurité. N’oubliez pas que le 9‑1-1 est toujours disponible.

Obtenir des conseils juridiques

Que vous vouliez partir ou rester chez vous, vous aurez probablement besoin d’aide juridique. Recueillez de l’information sur l’aide juridique pour les ordonnances interdictives et la garde d’enfants. Appelez une ligne d’écoute dans votre province ou votre territoire pour de l’information. Demandez des conseils juridiques pour bien comprendre vos droits avant de prendre des mesures. Ne présumez pas que le processus juridique est tel que vous l’a décrit votre abuseur.

Gérer les finances

Si votre partenaire s’immisce dans vos finances ou si un manque de ressources financières limite vos choix, songez à ce qui suit :

Rassemblez vos documents. Assurez-vous d’avoir le plus d’information possible sur vos actifs, comme votre propriété, votre voiture ou vos économies, ainsi que vos dettes, la nature de votre entente de vie commune, la responsabilité du paiement des factures et vos comptes bancaires.

Essayez d’emporter les documents suivants avec vous :

  • Votre passeport
  • Votre permis de conduire
  • Votre certificat de naissance et votre carte d’assurance sociale
  • Vos relevés de comptes bancaires
  • Les documents liés à la propriété ou à la location de votre domicile
  • Vos factures de services publics
  • Les détails de vos cartes de crédit, surtout si elles sont conjointes
  • Vos bulletins de paie
  • Le numéro d’assurance social de votre partenaire (s’il y a des comptes, des titres de propriété ou un bail à vos deux noms, ou si vous avez des enfants ensemble)
  • Les certificats de naissance et les cartes d’assurance sociale des enfants
  • Les détails des comptes de vos enfants
  • Une copie de votre dernière déclaration de revenus (si elle a été soumise conjointement)

Si vous ne pouvez pas emporter les originaux, essayez de les numériser ou de noter l’information importante. Au lieu de sauvegarder des images ou des saisies d’écran sur votre appareil, envoyez-les à un(e) ami(e) de confiance, puis supprimez-les ou utilisez un appareil photo jetable.

Une fois que vous avez quitté, contactez votre locateur ou votre fournisseur de prêt hypothécaire, vos fournisseurs de services publics et l’établissement qui vous a consenti un prêt automobile, le cas échéant. Ainsi, vous pourrez contester tous futurs frais de services publics, clarifier vos préoccupations concernant votre situation de logement et les paiements en cours et continuer d’avoir accès à votre véhicule.

Ouvrez un nouveau compte bancaire. Gelez les comptes conjoints, changez vos NIP et retirez le nom de votre partenaire dans votre dossier de carte de crédit, ou encore prenez une deuxième carte.

Il existe de l’aide financière. Des organisations communautaires ou religieuses locales pourraient vous offrir du soutien. Le 3-1-1 est une autre bonne ressource pour trouver des programmes d’aide financière d’urgence, des banques alimentaires et d’autres services de soutien dans votre communauté. Les intervenants d’organismes d’aide aux victimes de violence familiale peuvent aussi vous renseigner sur les programmes d’aide financière ou de relogement.

Quitter une relation dangereuse peut sembler particulièrement difficile compte tenu de la pandémie actuelle de COVID-19, mais il y a du soutien et des ressources disponibles. Soyez assurés que vous n’êtes pas obligés de rester avec un abuseur et que vous pouvez partir.

Accédez à votre programme de mieux-être et d’aide aux employés (PAE) en tout temps.